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Paul STRAND

(1890-1976)

New Yorkais, Paul Strand apprend la photographie au coté du célèbre documentariste Lewis Hine. Cette veine sociale, essentiellement fondée sur le portrait, s'additionne aux recherches avant-gardistes qui animent le mouvement pictorialiste américain. Paul Strand, sous l'influence de son mentor Alfred Stieglitz, franchit une étape supplémentaire vers une photographie plus objective. Ce " respect du réel " que revendique Strand s'affirme dans des choix novateurs de cadrages et de tonalités. Plus que d'une impression, la photographie se rapproche désormais de l'essence d'un objet. Ebauchée par Alvin Langdon Coburn et Stieglitz, la photographie pure (straight photography) s'accomplit avec Strand.
Cette nouvelle intention, nourrie des oeuvres cubistes qui redéfinissent la spatialisation de l'objet, tire certaines photographies de Strand vers l'abstraction, sans toutefois rompre totalement avec le sujet référent. En 1917, la dernière livraison de la revue Camera Work lui est consacrée.
En 1921, Paul Strand et Charles Scheeler produisent le film de court-métrage Manhatta. La ville et les gratte-ciels en fournissent le thème moderniste. Corollairement, cette nouvelle expression photographique trouve dans l'éthos industriel et technicien une matière pertinente.
En 1936, Paul Strand se rapproche de la Photo League, très marquée politiquement. Après la guerre, la pression du maccarthysme pousse le photographe à rejoindre l'Europe. Strand voyage et cultive sa vision sociale. Il publie, entre autres, La France de profil en 1952 et Un Paese en 1955.
La vie de Paul Strand s'achève en France, à Orgeval. La photographie lui doit en grande part son émancipation et la reconnaissance de son ontologie.