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Eadweard MUYBRIDGE
(1830-1904)
Bien que né en Angleterre, Eadweard Muybridge se présente comme un praticien américain de la photographie. De 1867 à 1872, il se pose en concurrent des photographes expéditionnaires de l'ouest américain. A l'instar de Timothy O'Sullivan, Carleton Watkins ou Henry Jackson, Muybridge réalise des vues spectaculaires des grands sites géologiques de Californie. Passé maître dans l'emploi du collodion de grande taille (mammoth plates) il sait aussi combiner les plaques pour constituer une image panoramique, à l'exemple de la baie de San Francisco en 1878.
L'arrière-plan scientifique des images de Muybridge reste perceptible au-delà de leur dimension esthétique. Les sujets de recherche (études de nuages vers 1869, manifestations vulcanologiques au Guatemala en 1875) se doublent d'une inventivité sur le plan du matériel photographique.
En 1872, c'est sans doute ce qui motive Lelan Stanford, propriétaire d'écurie, à le solliciter pour vérifier la thèse du physiologiste français Etienne-Jules Marey à propos des mouvements d'un cheval au trot. Après des débuts infructueux, Muybridge, dans ses installations de Palo Alto, parvient à fixer l'amplitude du mouvement d'un cheval sur plusieurs images successives. Sur la base de cette découverte, il poursuit et étend l'expérience dans le cadre d'un partenariat avec l'Université de Philadelphie entre 1884 et 1885, et publie Animal Locomotion en 1887, suivi de The Human Figure in Motion en 1901.
Pour appuyer l'effet de sa démonstration lors de conférences, Muybridge met au point un instrument de vision cinétique, le zoopraxiscope, annonciateur du cinématographe.
Par bien des points, l'oeuvre d'Eadweard Muybridge représente un moment crucial de la riche complémentarité qui unit photographie, art, et science.