Ajax loader
En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez les cookies.
Charles NÈGRE
(1820-1880)
Natif de Grasse, Charles Nègre monte à Paris en 1839, caressant l'espoir d'une carrière de peintre. A l'instar d'autres camarades qui deviendront aussi photographes, il suit les cours de Delaroche, puis d'Ingres. En 1844, il découvre le daguerréotype qui supplante dès lors sa vocation initiale.
La pratique photographique de Charles Nègre connaît une reconnaissance rapide, agrémentée de commandes publiques, cathédrale de Chartres en 1854, muséographie des oeuvres du Louvre en 1858 ou encore l'asile impérial de Vincennes en 1859. Il fréquente le cercle initié de la Société héliographique comme ses amis Gustave Le Gray ou Henri Le Secq, mais ne fait pourtant pas partie des photographes retenus pour la Mission héliographique. Il n'en prend pas moins l'initiative d'une importante campagne sur le sud-est de la France.
Amateur de scènes de genre dans le vieux Paris, Charles Nègre développe plusieurs séries, dont une sur les ramoneurs qui met en exergue sa capacité à fixer, malgré la lenteur du procédé calotype, l'acmé expressive d'une situation, préfigurant ainsi la dimension spécifiquement photographique de l'instantané. Il accorde à la reproduction une importance capitale. Il met au point et brevète en 1856 le complexe procédé de damasquinure héliographique, puis, à l'initiative du Duc de Luynes, transpose, entre 1871 et 1877, les photographies de Louis Vignes dans l'ouvrage Voyage d'exploration à la mer Morte, à Pétra et sur la rive gauche du Jourdain.
Pour raison de santé, il se retire dans sa région natale et ne retrouve son rang au panthéon de la photographie que tardivement. Remis à l'honneur à Paris et New York en 1936, puis au Canada en 1976, les célébrations de l'Année du Patrimoine en 1980 lui valent en France une exposition enfin à la mesure de son importance.