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Eugène DISDÉRI
(1819-1889)
André Adolphe-Eugène Disdéri se lance dans les affaires en province. Un premier atelier de photographie à Brest en 1849, puis un deuxième à Nîmes précèdent le retour et l'installation à Paris, sa ville de naissance, en 1854.
Les grandes artères populaires de la capitale sont le lieu de prédilection de ces studios de portrait. Disdéri ouvre son établissement au 8 du boulevard des Italiens. La bourgeoisie y côtoie volontiers le monde du spectacle et l'atelier du photographe, à la décoration fastueuse et à la vitrine prometteuse, joue de cette proximité.
En 1854, Disdéri parachève son invention du châssis multiplicateur permettant plusieurs vues sur une même plaque de collodion en déposant le brevet du portrait-carte de visite. Le prix modique fait que toute la bonne société s'empare du procédé, tant pour édifier sa propre image que pour collectionner celle des célébrités. Les têtes couronnées, au sommet desquelles l'Empereur Napoléon III, figurent en bonne place.
En 1863, Disdéri pousse l'invention plus avant en brevetant cette fois, la carte-mosaïque. Tout un corps de métier, toute une société mondaine, toute une famille royale peut cette fois tenir sur un seul cliché.
En 1871, le photographe sort du studio à l'occasion de l'insurrection de la Commune de Paris pour saisir, entre drame et spectacle, les communards morts reposant dans leurs cercueils.
Passé du firmament de la photographie commerciale et lucrative au dénuement à la fin de sa vie, Eugène Disdéri a su flatter et servir la propension narcissique de la classe dominante. Cet usage collectif, si ce n'est démocratique, de la photographie trouve son prolongement pratique dans le photomaton, et pour la part d'uniformisation, peut-être aujourd'hui dans la proposition de soi par l'image en usage sur les réseaux sociaux.