Ajax loader
En poursuivant votre navigation sur le site, vous acceptez les cookies.
Hippolyte BAYARD
(1801-1887)
Avec Bayard, l'histoire de la photographie tient son premier personnage tragique, pour ainsi dire son perdant magnifique.
Né dans l'Oise, à Breteuil-sur-Noye, d'un père juge de paix, il monte à Paris, employé du ministère des Finances et fréquente les illustrateurs Charlet, Gavarni dans un monde des arts qui bruisse de la rumeur de cette nouvelle invention : le daguerréotype.
Si l'intention qui mène Hippolyte Bayard à la photographie reste obscure, ses expérimentations aboutissent promptement, au début de 1839, à des épreuves positives sur papier obtenues directement par l'action de la lumière et de la chimie. Bayard se positionne donc entre le positif sur métal (daguerréotype) et le négatif sur papier breveté par Henry Fox Talbot.
Pour autant qu'elle soit innovante, l'invention du français ne reçoit que peu d'écho des pouvoirs publics, alors largement impliqués dans la promotion du procédé de Nièpce et Daguerre. De plus, il oppose un relatif mutisme aux demandes d'explicitation de sa découverte.
Cet échec de reconnaissance, paradoxalement, façonne la légende d'Hippolyte Bayard, qui, par dépit, se met en scène le 18 octobre 1840 et se photographie, tel un noyé remisé à la morgue. Par ce geste, l'inventeur se mue en artiste et révèle la photographie comme une possible fiction.
Dès lors Bayard développe son oeuvre, alternant les autoportraits, les architectures et les objets savamment disposés. Pragmatique, il recourt à tous les procédés, y compris ceux de ses distingués concurrents.
1851 marque une année faste pour le photographe qui concours à la fondation de la Société héliographique et se voit invité à participer à la Mission héliographique, qu'il traite originalement par l'emploi du négatif verre à l'albumine, mais dont il s'abstient, comportement récurrent, de communiquer les résultats.
A partir de 1854, il s'implique activement dans la nouvelle Société française de photographie (SFP) qui hérite à sa mort d'un important lot d'épreuves. Il reste, aux côtés de Nièpce, Daguerre et Talbot, l'un des quatre découvreurs de ce qui s'appelle désormais la photographie.