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Nu
Dés l'invention de la photographie, la production et la diffusion de photographies de nus (la plupart de femmes) à connotation plus ou moins érotique, occasionnent un important marché économique.
Dans les années 1840, ces nues représentent avant tout des documents d'études pour les peintres. Cet usage crée des photographies sans pudeur excessive où les attributs sexuels peuvent être visibles, alors que les tabous enserrent la société bourgeoise.
Les attitudes souvent naturelles quoique parfois académiques, et les décors de studios assez sobres (François Rupert Carabin, Auguste Belloc) sont majoritaires. De cette pratique reste une quantité importante d'images anonymes,
A partir de 1880 sous l'influence du pictorialisme et d'une volonté d'autonomie artistique de certains photographes, une majorité de nus se voilent, les contours corporels s'adoucissent par divers stratagèmes. Quant au décor, il se voit champêtre en extérieur et drapé de tentures en intérieur. Flou et jeux de lumière contribuent à donner du corps une visibilité réduite et un climat nébuleux, telles les images de Robert Demachy ou Edward Steichen.
Lors des années 1920, le nu s'intègre dans des mises en espace graphiques. Il peut également devenir l'objet d'expériences plastiques dans les solarisations de Man Ray ou morcelé avec Pierre Boucher.
Après la seconde guerre mondiale, quelques photographes humanistes réalisent à titre personnel quelques nues, comme ils feraient un autoportrait en somme. Pour exemple, Henri Cartier-Bresson.
Cependant la libération des moeurs puis la mise en avant de la sexualité a produit, depuis les années 1970, des photographies où la nudité est soit magnifiée et exaltée (comme chez Robert Mapplethorpe) soit sur le mode du constat d'un état de fait, soit encore le produit d'une subversion macabre (dans les mises en scène de Joël-Peter Witkin) ou encore la revendication d'une émancipation totale.