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Felice BEATO
(vers 1830-vers 1906)
Figure de l'aventurisme photographique de la deuxième moitié du 19ème siècle, Felice Beato entretient le mystère sur ses origines. Date et lieu de naissance, Venise ou Corfou, restent imprécis. Il est toutefois naturalisé anglais en 1850.
Son entrée en photographie se produit cette même année, lors de sa rencontre avec James Robertson. Associés, les deux hommes parcourent Malte, la Grèce, Jérusalem et la Turquie entre 1851 et 1854.
En 1855, à la suite de Roger Fenton, ils photographient la guerre de Crimée, notamment la chute de Sebastopol. Felice Beato se fait dès lors une spécialité de couvrir les conflits et insurrections qui se produisent dans la zone d'influence de l'empire britannique. En Inde en 1857 ou en Chine en 1860, il rompt avec une représentation édulcorée des champs de bataille, et n'hésite pas à mettre en scène les cadavres d'autochtones.
Felice Beato arrive à Yokohama en 1863, aux dernières années de l'ère Edo. Dans ce Japon encore féodal et fermé, en partenariat avec le dessinateur Charles Wirgman, il arpente l'archipel, photographie les paysages, la vie quotidienne, les membres représentatifs des classes sociales. Ses tirages, rehaussés d'aquarelle, ne manquent pas de rappeler les ukiyo-e, traditionnelles estampes sur bois.
L'incendie de Yokahama de 1866 détruit une grande partie de son studio et de ses archives. Il parvient cependant à publier deux albums en 1868, Photographic views of Japan, et Native types of Japan.
En 1877, il vend son fonds au baron autrichien von Stillfried puis quitte le Japon en 1884. Son oeuvre, résolument commerciale, outre le rapport qu'elle entretient à l'actualité géopolitique en préfigurant le métier de correspondant de guerre, saisit les bouleversements et l'ouverture à l'occident d'une Asie encore méconnue. Nul doute que la photographie japonaise lui doive beaucoup.