Tout au long de l’histoire de la photographie, une multitude de procédés de tirages en couleurs par transfert ont vu le jour, notamment l’ ” hydrotypie ” utilisée par Charles Cros en 1880 et le procédé cinématographique en couleurs Technicolor. En 1935, Kodak introduit son propre procédé, l’Eastman Wash-off Relief, qui devient en 1946 le Dye-Transfer utilisé dans les milieux de la publicité et du marché de l’art jusqu’en 1993. Afin de réaliser un tirage Dye-Transfer à partir d’une diapositive en couleurs, trois négatifs de sélection sont nécessaires. Pour cela, on copie la diapositive sur un film noir et blanc panchromatique en intercalant respectivement un filtre bleu, vert puis rouge. Trois matrices sont ainsi créées au format du tirage final et présentent un relief de gélatine proportionnel à la densité de l’image. Elles sont alors imprégnées d’une solution colorante cyan, magenta ou jaune. En les appliquant successivement contre un support de papier gélatiné et mordancé, elles transmettent leur matière colorante. La photographie en couleurs est ainsi reproduite par transfert. Un tirage Dye-Transfer est un tirage en couleurs sur papier baryté. Ce n’est pas réellement une photographie mais ses qualités d’image et de stabilité en font un procédé de choix pour la photographie de collection dans la seconde moitié du XXe siècle. Un tirage Dye-Transfer se caractérise par un bon état de conservation, la nature et la blancheur des marges du support en papier baryté, la présence éventuelle de franges colorées sur les bords ainsi que la fluorescence du colorant magenta sous éclairage ultra-violet. Les images Dye-Transfer sont très stables dans l’obscurité. Elles sont sensibles à la lumière et à l’humidité excessive qui peut faire diffuser les colorants.