Intimement liées, l’histoire du paysage et l’histoire de la photographie le sont dès la première image pérenne obtenue à travers une chambre noire par Nicéphore Niepce vers 1826 représentant le point de vue depuis une fenêtre de sa maison près de Chalon-sur-Saône. Le paysage devient au XIXème siècle un enjeu important pour la représentation des espaces et des territoires. La montagne et la mer sont désormais des espaces envisageables ; et les états se transformant en nations ont un besoin grandissant d’une représentation de leur territoire actuel et, de part leur expansion impérialiste, futur. La photographie ” servante des sciences et des arts ” va fournir un nombre considérable d’images de ces paysages. Ce sont autant de documents scientifiques qui, depuis les daguerréotypes (ceux de Jules Itier par exemple) jusqu’aux procédés les plus récents, alimentent et accompagnent les archéologues, topographes, géologues… Ces images de paysages servent également d’études documentaires pour les artistes, mais le paysage photographié trouve cependant bien vite son indépendance en revendiquant son aspect artistique, de la Grande Vague à Sète d’Edouard Baldus, aux Contretemps d’Arnaud Claass. Ainsi, dans le cadre d’un voyage scientifique ou militaire (comme les vues de Léon Méhedin) ou en simple excursion (comme les images de Félix Thiollier), sur commande ou pour eux-mêmes, il n’est pas de paysage qui ne saurait attirer l’œil expert d’un photographe. Depuis l’avènement du tourisme, l’allègement de l’équipement et la simplification des techniques, le paysage concerne désormais tout un chacun. Il devient aussi bien une photographie souvenir, qu’une image complexe et expressive qui peut contenir en elle-même l’ensemble de l’histoire du paysage comme certaines photographies de Raoul Hausmann ou de Thierry Girard par exemple.