Brevetée en Allemagne en 1868 par Josef Albert (1825-1886) sous le nom d’albertypie, la collotypie (également dénommée phototypie, photocollographie ou héliotypie) désigne un procédé d’impression photomécanique. Les qualités premières de ce procédé sont la haute qualité du rendu et la facilité de mise en oeuvre qui sonne le glas de la photoglyptie. Son apogée se situe entre 1880 et 1920 et restera utilisé jusqu’en 1940. Il permet de reproduire, en couleurs ou en noir et blanc, de quelques centaines à plusieurs milliers d’exemplaires de cartes postales, de reproductions de photographies… Un collotype est une reproduction sur papier, obtenue par un dispositif d’imprimerie utilisant une matrice, d’origine photographique, sur plaque de verre. Le transfert est réalisé en appliquant une feuille de papier couché, voire baryté. La tonalité finale de l’oeuvre dépend de la couleur de l’encre utilisée. Afin d’obtenir un collotype, une épaisse plaque de verre est enduite d’un substrat de gélatine puis recouverte d’une couche de gélatine bichromatée. Après avoir été chauffée, la plaque de verre est exposée à la lumière recouverte par le négatif, puis lavée à l’eau froide afin d’éliminer le bichromate de potassium. La méthode pour réaliser des tirages consiste à humidifier la plaque avec une solution de glycérine et d’eau puis à l’enduire d’encre grasse. Enfin, une feuille de papier est pressée sur la plaque de verre pour obtenir le report de l’encre sur le papier. Les collotypes, fréquents dans les collections, se conservent normalement bien en fonction de la qualité du papier utilisé lors de l’impression et à l’abri d’une lumière trop intense.