Charles François Bossu, dit Marville, apparaît d’abord sur la scène artistique comme peintre-graveur. Quelques uns de ses dessins sont gravés pour La Seine et ses bords de Charles Nodier (1836) ; Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre (1838) compte plusieurs vignettes de cet artiste. À partir de 1848, qui marque la fin de la Monarchie de juillet et l’avènement de la IIème République, Marville illustre des ouvrages politiquement marqués à gauche, parfois frappés de censure. Il commence à s’intéresser à la photographie, brevète un châssis de voyage pour calotype et surtout entame une fructueuse collaboration avec l’éditeur-imprimeur lillois Blanquart-Évrard. Ses thèmes de prédilection, paysages, nature romantique sont complétés par un travail sur l’architecture monumentale. Cette partie de son oeuvre n’est pas sans rappeler la Mission héliographique à laquelle il n’est cependant pas convié. Vers 1855, il se présente comme ” photographe du musée impérial du Louvre ” et assure la reproduction des oeuvres. Passé au procédé collodion, Marville trouve alors ses grands thèmes photographiques dans le sillage de Viollet-le-Duc et des projets de restauration des monuments nationaux, puis dans la transformation de l’urbanisme parisien sous l’impulsion de baron Hausmann. De 1862 à 1870 il enregistre le bouleversement de la capitale, tant dans sa topographie générale que dans le détail de son nouveau mobilier urbain. Institutionnellement ancrée, cette partie de son oeuvre, au moins par son ambition topographique et sa méthode, préfigure celle d’Eugène Atget.
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